jeudi 12 novembre 2009

Au supermarché de la rencontre





- "Inscris toi sur ce site, alleeez, on va rigoler. On peut mettre des hommes dans des caddies et les reposer s'ils ne nous plaisent pas. Tu verras, c'est très marrant. Allez, inscris toi, on va faire une petite compette."
A celle qui accumulera le plus de points. Une visite, 5 points. Un "charme", 20 points. C'est plutôt marrant cette vision du site de rencontres. Un point de vue plutôt féminin, où les femmes pour une fois prennent les hommes pour leurs objets. Allez, je m'inscris. Profil, voila c'est fait. J'aime telle musique, tels bouquins. Ok. Une photo de moi. Oui sur celle-ci, je suis plutôt jolie.
Cinq minutes de recherche, j'affine mes critères. Un mec dans la région, oui. Entre 28 et 35 ans, voila. Clic sur "chercher", hop c'est parti.
- Oh, c'est pas vrai, y'a mon ex qui est inscrit!
- NoOOoon..!
- Attends, attends, il s'est connecté la dernière fois au moment où on était encore ensemble!
- Ooooh, c'est pas vrai!
- Ben si, attends, je vais aller voir sa fiche.

Mon profil:
un p'tit gars avec quelques défauts de fabrication, mais pas mal de qualité cachées... qui se révèlent dès la première utilisation
Ce qu'il cherche chez une femme :
une fille un peu rock'n'roll qui ne recherche pas le grand amour ou l'homme parfait ou de l'amour pour toujours, ou une ribambelle de marmots, un labrador et un Scenic pour aller patauger à La Grande Motte ou à la Baule...
Moi, je ne triche pas, je le dis tout simplement, je suis déjà en couple et je cherche une rocky prettty girl qui ne veut que du plaisir et du respect sans se poser de question...

- Connard...

samedi 17 octobre 2009

Hunger


Une petite faim de musique. Je n'étais pas allée à un concert depuis bien longtemps. Depuis juillet, à Musilac. Pour ce retour en grâce, j'ai choisi Sophie Hunger. Une voix douce et brute, des mélodies qui me transportent directement dans le alpages du Valais. Sophie Hunger est une chanteuse suisse, accompagnée de bon zikos aux profil bien suisse-allemand. C'est carré, parfait, ça tourne tout seul. Et la sauce prend bien. Je me suis laissée embarquer jusqu'au final acoustique. Une fin en douceur pour que les oreilles puissent réapprendre à écouter.

samedi 3 octobre 2009

Ronde


Un raisin bien mûr. Le ventre rond gonfle de plus en plus devant son petit corps de mère. Comme s'il allait se détacher demain. Sous la toile blanche, les veines se dessinent comme des ruisseaux. La vie est là, juste derrière. Par moments, le ventre se tord. Un pied, une tête, un coude, une main. Déjà si bien esquissée. Une caresse sur le ventre et Petite fait une roulade. La vie tourne dans ce ventre chaud. Des soubresauts dans la nuit. C'est pour bientôt, quelques heures peut-être. La course. Les lumières fadasses de l'hôpital. Les gants blancs et les cris. Petite va ouvrir les yeux. Grandir, rêver, tomber, embrasser, aimer. A tout de suite Petite.

mardi 29 septembre 2009

Mont Rose

Même dans mon imaginaire, je n'ai vu d'endroits plus époustouflants. Entre deux glaciers, à quelques kilomètres de Zermatt, le refuge du mont Rose, aux facettes métalliques, semble être né de la roche. Après une ascension en hélico, j'ai eu le bonheur de le visiter, à l'occasion de son inauguration. Rendez-vous en 2900 mètres d'altitude...

















lundi 28 septembre 2009

Miel

Un prénom qui sonne comme une pâtisserie au miel. À la fleur d’oranger. Je crève d’envie de croquer sa bouche. Mais je ne le ferai pas. Dans le silence de cette nuit bien entamée, je pèserai bientôt le poids des regrets. De toutes ces choses que j’aurais dû faire. Embrasser son sourire. Soutenir ses yeux caramel. Ébaucher un au revoir avant de m’enfuir avec une timidité coupable. Je sais déjà comment cette soirée va s’achever. Au troisième verre, je vais oublier que j’ai arrêté de fumer. Estomper les silences. Parler beaucoup trop, pour ne pas dire le plus important. Que je crève d’envie de croquer sa bouche.

mercredi 16 septembre 2009

Cochez la case


L'approche de la trentaine laisse apparaître un tranchant surprenant. Où les rapports amoureux ressemblent à des entretiens d'embauche. Où les discussions des premiers rendez-vous pourraient être accompagnées de QCM. Explication illustrée:

- aimes-tu voyager, sortir? Coche oui : +5 points. Non : -5 points.
- es-tu jaloux(se)? Oui : -50. Non: 0 (on ne sait jamais, le mensonge guette)
- as-tu envie de t'engager durablement? Oui: -5 points (tu sais, tu es un peu idéaliste, l'amour ne dure pas plus de trois ans, c'est de notoriété publique) Non: +5 (là au moins on est plus près de la réalité, viens, on va s'amuser un peu...)

C'est un peu caricatural, je l'avoue. Mais tout cela révèle un nouvel aspect des relations à l'autre. La trentaine approchant ou acquise, on s'observe, on se jauge de chaque côté du verre. Pas envie de trop en montrer ni de se tromper. Les femmes ont une peur panique de rater le wagon à cigognes, et l'horloge biologique tique. Les hommes idéalisent la promise, de désillusions en dilutions amoureuses. Le mur de l'incompréhension est encore plus grand que lorsqu'on était plus petit. La peur de l'engagement est une montagne difficile à gravir et s'encorder à deux l'est encore plus...

mercredi 29 juillet 2009

Maybe



Chaque moment de la vie a sa petite musique. En ce moment, calme et sereine, j'écoute Cat Power...
Une voix fragile qui s'affirme par moments pour toucher au cœur. Une guitare éthérée. Un piano qui ajoute de la puissance aux morceaux. J'adore. Notamment ce morceau, qui me parle beaucoup. Maybe not.

Cat Power Maybe Not

There’s a dream that I see, I pray it can be
Look cross the land, shake this land
A wish or a command
A Dream that I see, don’t kill it, it’s free
You’re just a man, you get what you can

We all do what we can
So we can do just one more thing
We can all be free
Maybe not in words
Maybe not with a look
But with your mind

Listen to me, don’t walk that street
There’s always an end to it
Come and be free, you know who I am
We’re just living people

We won’t have a thing
So we’ve got nothing to lose
We can all be free
Maybe not with words
Maybe not with a look
But with your mind

You’ve got to choose a wish or command
At the turn of the tide, is withering thee
Remember one thing, the dream you can see
Pray to be, shake this land

We all do what we can
So we can do just one more thing
We won’t have a thing
So we’ve got nothing to lose
We can all be free
Maybe not with words
Maybe not with a look
But with your mind

But with your mind

lundi 27 juillet 2009

Quelque part


A la recherche de la plénitude, j'ai laissé mes attaches pour aller à l'essentiel. La quête du bonheur est chose difficile mais je n'abandonne pas l'idée d'y parvenir. Le Graal est quelque part entre ces fleurs, au fond d'une forêt éloignée. Quelque part...

Merci à Antoine Berger pour la photo.

mercredi 8 juillet 2009

Gniam!


La petite souris est passée! Après un bon nuage noir, rien de tel qu'un bon morceau de fromage. Dernièrement, les hasards malheureux ne m'ont pas épargnée : dégât des eaux (cuisine inondée à refaire entièrement, appartement inhabitable pendant plusieurs semaines...), voiture froissée (on a reculé eud'dans) et canapé livré à la one again (les livreurs me l'ont abîmé, à échanger...) Voila, j'ai attendu pendant quelques temps les mauvaises surprises qui pouvaient encore me tomber dessus. Et la vie ne m'a pas déçue. Mais bon, je garde le sourire. Ce ne sont que des choses matérielles. Tout s'arrange et la vie continue. La saison des festivals et des baignades au bord du lac commence, l'amour me va bien et ma famille est toujours près de moi. Et ça, c'est le plus important.

vendredi 3 juillet 2009

Alpages suisses

Un peu après Genève, Lausanne, Montreux, les reflets du Léman disparaissent. Direction Aigle et ses vignes. Un peu plus haut dans les montagnes, Leysin et ses anciens vaisseaux d'héliothérapie puis les alpages de Chateau-d'Oex, L'Etivaz, les Diablerets et Villars-Gryon... Dans ces Alpes vaudoises à la francophonie si marquée, les hommes ont presque apprivoisé les sommets et les vallées. Pour aller à leur rencontre, rien de tel qu'un petit verre de blanc du cru ou une bonne bière autour d'une assiette de fromage (Etivaz et tomme vaudoise...) et de tranches de viande séchée. Les portes des chalets s'ouvrent. Des chalets comme on les imagine enfant dans un monde aux couleurs Heidi. Vert tendre et rouge suisse. Des petits cubes de bois sombre au toit à deux pans, accrochés à la pente entre des montagnes découpées.
Le soir, quand le soleil rougit la pierre, les vaches prennent une pose de pacha dans l'herbe en attendant la traite du matin, les tracteurs rentrent les dernières fournées de foin, les chalets s'illuminent de petits carrés jaunes, les fleurs se referment... La fraîcheur tombe en silence sur l'alpe. La chaleur est à l'intérieur. Dans le chalet et les sourires.