
Avant-hier, ma mère me disait : "Tiens, profite de ta dernière journée avec un 2 dans le chiffre des dizaines!"
Hihi, je plaisante. Après tout, qu'est-ce que ça change un 3?
Mais depuis la date-clé, jour de la mort du king de la pop, tout le monde se met à me parler d'un club. "Hey, bienvenue au club!", clin d'oeil à l'appui, smiley sur sms, ton plaisantin au téléphone. Au club de quoi, de qui?
On me dit aussi que dans ce club, on est à un tournant de sa vie, qu'on ne vieillit pas mais qu'on mûrit et que c'est pas rien quand même, un chiffre comme celui-là. On me recommande même de fêter ça dignement, et si possible d'inviter un maximum d'amis.
Et puis ma mère m'a donné la clé: "A trente ans, il y a trente ans exactement, j'étais à la maternité de Poitiers. J'avais ton âge." Surenchérissement du père: "Tu sais, tu as un bon boulot, mais il n'y a pas que ça dans la vie." Exemple à l'appui d'une amie, journaliste à Libé, célibataire et sans enfants. Toute seule, trop tard. D'accord, je viens de comprendre. Dans le club des trentenaires, il vaut mieux ne pas faire partie d'un deuxième club: celui des célibataires. La vieille-fillitude rôde messieurs-dames. De la pression au bar à la pression poussette, il n'y a qu'un chiffre!
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